28 juil. 2006
Témoignage anonyme
Un témoignage anonyme d'un gay qui vit en Algérie.
Je vis dans une société qui refuse de parler ou d'accepter cette différence de désir et de plaisir et qui nie la tendance sexuelle de chacun.
La société algérienne change a une grande vitesse et la mentalité aussi mais il y a toujours cette barrière pour dire qui m'empêche de dire ce que je suis.
La vie gay et facile pour certain et difficile pour d'autres comme moi.
Il y a des gays qui sont déclaré leur homosexualité et qui l'assument en tout liberté. Il a même des travestis.
Mais les autres, comme moi et mes amis, refusent d'être vus ou d'être reconnus comme homosexuels.
Les gays qui refusent d'être étiquetés sont nombreux. Pourquoi cette peur me direz-vous ?
Tout simplement par crainte que la famille ou que les amis hétéros le sachent. Alors, tout le monde s'amuse, fait quelques rencontres et couche en cachette. Et en ce qui me concerne je vis mal mon homosexualité car je mène une double vie c'est à dire que je partage mon intimité avec des amis gays.
Je me libère et je me sens bien avec eux. On s'éclate ensemble dans le milieu gay.
Si l'homophobie existe partout dans le monde, chez nous ce n'est pas un sujet de discussion, on essaye toujours d'éviter de parler d'homosexualité.
J'essaye de ne pas tomber dans le piège du genre : "Si tu prends la defense d'un gay, c'est que tu es gay". C'est bête mais c'est comme ça.
Il y a aussi des fanatiques qui refusent catégoriquement de parler ou d'essayer d'expliquer.
En ce qui me concerne j'ai eu le courage de le dire a un ami à moi qui est très cher à mon coeur et qui est hétéro. Je lui ai dit que j'étais gay car je n'ai pas réussi à lui cacher la vérité. Il m'a accepté tel que je suis en me répondant simplement que rien ne changera dans notre amitié. Il m'a dit que je pouvais mener ma vie comme je le voulais.
Dans mon pays il n'y a pas de boites de nuit gay ou d'associations gays. Les traditions et la religion font face à cela.
Ce que je peux vous dire c'est qu'il y a des endroits ou les gays se rencontrent.
Mais, ce qu'il y a de bizarre c'est que les gays sont présents dans les boites hétéros et qu'ils font des trucs que moi je n'oserais jamais faire !
Les gens ici ne comprennent pas qu'en Algérie ou ailleurs, être gay ce n'est pas un choix mais c'est le destin !
Un autre témoignage
Voici une lettre d'un gay algérien envoyé a un ami français...
Bonjour cher amis français. Moi Fayçal, jeune algérien, je vis dans une très petite ville en Algérie. Je suis l’aîné d'une famille de 13 enfants et mon petit frère est handicapé à 100 %. J’ai toujours mal au fond de moi en voyant notre société bien cruelle et sans pardon.
Ici il ne faut pas montrer ses faiblesses, sinon on le paye cher... Si tu es un homme dur et que tu peux faire du mal aux autres, alors tu seras toujours le bienvenu le soir à la table, sinon tu es un faible et tu dors dans la rue sans une tranche de pain. Je travaille depuis plusieurs années dans une société de carburants, j'ai tout fait pour donner le meilleur dans mon travail et dans ma vie.
Au travail, ils m'ont dégradé se doutant de mon homosexualité et Dieu sait ce que je vis. Ils disent que l’on ne peut pas avoir ce genre de gens au siège, alors ils m’ont envoyé dans un centre de remplissage de produits. A mon arrivé tout le monde était déjà informé de mon cas, Ils ont commencé à faire des rapports négatifs sur moi. Ils font tout pour me faire payer des choses que je n’ai pas commises.
Je suis montré du doigt, à tout moment je risque pour ma vie. Je suis lassé par tout ce qui se passe ici en Algérie. Mais amis aussi m’ont laissé tomber pour les mêmes raisons.
Après la mort de mon père j’ai travaillé pour que mes frères puissent grandir et manger. Maintenant ils ont grandi et me demandent tout le temps “quand vas-tu te marier ?” Vous ne pouvez pas imaginer ce qu’un gay peut subir en Algérie. Alors je voulais en quelques lignes vous en parler.
Je cherche à quitter mon pays pour vivre en paix sans faire du mal aux autres et même à ceux qui détestent le fait que je sois gay, mais comment faire ?
Nadir d'Algérie (témoignage)
Voici un témoignage trouvé sur le net d'un jeune constantinois.
"Je me présente, je m’appelle Nadir, je vis en Algérie exactement à Constantine, j’ai tout juste 23ans, donc gay, j’aimerai bien partager ma vie, mes idées et mon expérience avec les internautes, pourquoi pas arriver à aider certains.
Au milieu de mon adolescence vers l’age de 15 ans je commençais à avoir certains fantasmes sexuelles avec des mecs, je me souviens même du tout premier fantasmes, c’était avec mon professeur de mathématiques, mais au début, ces fantasmes là n’étaient que sur certaines parties du corps masculin, à savoir, le torse et les mains, oui ça paraît bizarre mais c’était comme ça, tout allait alors vite, très vite même, chaque jour qui passait, apportait ses fantasmes et ses désirs qui ne cessaient de s’accroître et de se généraliser sur tout le corps masculin, pour arriver finalement au visage, c’était là que j’arrivais à discerner et à admirer la beauté d’un homme, le vrai, le viril, c’était vers l’age de 17 ans alors j’ai réalisé, même si c’était tardif, que j’était gay, franchement j’y croyais pas, j’ai admis sans vraiment l’admettre, moi qui 3ans auparavant avais regardé sur une chaîne française, une émission traitant l’homosexualité et m’étais dit « c’est quoi cette folie là, mais c’est inconcevable », mais je tiens à dire qu’à cette époque, donc avant mes 15ans, c’était ambigu et mélangé dans ma tête pour ce qui est de la sexualité, je veux dire avec les filles, je ne me sentais pas bien à l’aise, enfin j’ai oublié un peu ce qui se passait dans ma tête, c’est pas ça l’important.
Je vais à présent m’étaler sur mon après 17ans, l’ère homosexuelle, mais de cette ère homosexuelle y’avait que le nom, puisque en ne m’assumant guère, je me refusais catégoriquement tout coming-out ou passage à l’acte ou presque, puisque, de l’age de 17 à 20ans je n’ai eu qu’une petite relation d’une journée avec un jeune voisin, j’avais vécu l’enfer, la solitude, le trou noir, personne à qui avouer ma vraie identité, mille et un fantasmes se succédaient, la peur de passer à l’acte et l’absence de tout mouvement associatif de soutien puisque je vis dans un pays arabe et musulman, le pire est que ça coïncidait avec les évènements douloureux qu’avait connus l’Algérie, mais je tiens à préciser une chose que bon nombre d’occidentaux ignorent, c’est que faut pas croire que chez nous le taux des homosexuels(elles) est moindre, il est relativement égal à celui du monde entier, mais en plus puisque à cause de la religion et des traditions et coutumes arabo-musulmanes, les rapports hétérosexuels se font rares, une femme se doit de préserver sa virginité pour son époux sinon elle restera vielle fille, les hommes (les hétéros) se tournent le plus souvent vers les petits gays pour assouvir leur besoins sexuels et c’est devenu tellement fréquent, que j’estime qu’il y’a plus de rapports homosexuels chez les musulmans que chez les occidentaux, même que dans la tête de la plupart des gays ici, un rapport homosexuel n’est concevable qu’avec un homme hétérosexuel, alors ça vire le plus souvent vers la prostitution, mais tout ça, se fait en cachette avec le plus souvent une discrétion parfaite. Voilà pour la petite explication, seulement moi je ne voulais pas être ce genre de gays, je cherchais surtout des mecs plus au moins comme moi, qui soient gays, de mon age, que je qualifierai de normaux, mais ce que je cherchais était rare à trouver, et pour s’entourer de gays, ce que je voulais, il fallait fréquenter les fofolles, chose qui ne m’intéressait pas. Alors j’avais choisi de continuer à vivre dans mon placard !
En même temps commençait la révolution du net, alors ça m’avait un peu permis de côtoyer virtuellement des gays qui étaient en leur totalité des occidentaux puisque le net en Algérie n’avait pas encore connu sa gloire, vous ne savez pas comment je me sentait bien face à l’écran dialoguant avec des gens qui sont comme moi, pensent comme moi, mais il y avait toujours ce besoin de l’autre à coté de soi qui me manquait, et ça n’avait pas tarder à venir puisque rapidement le net s’était fait une place en Algérie, et désormais on pouvait trouver de plus en plus de gays de mon pays se connecter, ce qui m’avait permis de rencontrer des gays comme je les cherchais, alors je me voyais mois après mois, en train de changer, plus épanoui, plus heureux, plus soulagé, plus sûr de moi, moins peureux, j’arrivais à dédramatiser la chose puisque je connaissait des gens comme moi, je me suis retrouvé même à faire mon coming-out à plusieurs de mes amis(ies) hétéros, c’est là aussi qu’une autre quête était mon obsession, celle de trouver l’ame-frêre et l’amour, et effectivement je suis tombé amoureux de deux garçons, dont un avec lequel ça a duré presque 2ans, et vraiment l’amour a fait de moi l’être complet et comblé, j’ai désormais, les sentiment, les tracas et les soucis d’un garçon hétéro, qui l’eut cru ! Comme quoi il ne faut jamais perdre espoir, on ne sait jamais comment, ni quand pourra-t-on trouver cette paix intérieure, il suffit juste de la chercher à chaque moment, à chaque personne de son entourage. Et moi qui pleurais comme un enfant en écoutant les phrases suivantes de ma chanteuse préférée Mylène Farmer : « mais quel espoir, pourrais-je avoir, quand tout est noir ! » en pensant à ma solitude d’autre fois, en pleure toujours sur les mêmes phrase mais des larmes dues aux chagrins d’amour. Bisous à tous J’attends vos questions ou réactions. Nadir d’algérie."
