Gay et Lesbienne Algérie : www.homo-algerie.c.la

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30 août 2006

WorldPride 2006 à Jerusalem annulée

Dans un communiqué publié samedi 22 juillet, Habaït Hapatuach, l'association LGBT de Jérusalem qui organise la World Pride dans la ville, a annoncé l'annulation de la marche prévue pour le 10 août. «La police de Jérusalem nous a annoncé qu'elle sera dans l'impossibilité de garantir la sécurité de la parade vue les hostilités dans la région... Ce n'est pas le temps pour des célébrations, la parade donc n'aura pas lieu. Elle se tiendra quand la situation s'améliorera», a expliqué l'association. «Tous les autres événements dans le cadre de la World Pride sont maintenus comme prévu. Une nouvelle date pour la marche sera annoncée après qu'un cessez-le-feu soit conclu dans la région», expliquent les organisateurs, avant d'ajouter: «Nous espérons et nous prions avec nos supporteurs dans le monde pour la fin des hostilités et de la souffrance dans la région». Les expositions, spectacles, projections des films, débats et colloques prévus sont néanmoins maintenus. L'été dernier, tous les événements de la World Pride avaient déjà dû être annulés en raison du climat politique tendu lié à l'évacuation des colonies israéliennes des territoires de Gaza. L'organisation de la World Pride à Jérusalem suscite depuis deux ans des oppositions très violentes, particulièrement de la part des dirigeants religieux juifs, catholiques et musulmans dans la région (lire Quotidien du 5 juillet). Lancée en 2000 à Rome, la World Pride est censée avoir lieu tous les 5 ans.

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01 août 2006

Compte rendu des universités d'été homo (fin)

J. Thébauld : je crois qu'après avoir entendu les différents témoignages des personnes ici présentes, on peut constater qu'il y a en fait deux niveaux d'homophobie. Enfin deux niveaux de compréhension des lois réprimant l'homosexualité. Il y a des pays où l'homosexualité est encore réprimée par la loi, et des pays où elle est décriminalisée. Ce qui entraîne des différences dans la façon d'y vivre son homosexualité. J'ignore si c'est facile de construire un débat équilibré avec des témoignages aussi différents. je crois que les questions vont arriver plutôt de façon diffuse et chacun va y répondre à sa façon. Par ailleurs, je me demandais si les lois étaient appliquées en Roumanie, en Algérie et au Maroc. Avons-nous connaissance de personnes qui sont emprisonnées sous le coup de ces lois ? Si oui, pouvons-nous intervenir, pouvons-nous faire quelque chose ? Est-il possible d'avoir des informations, de savoir si des procès sont en cours et comment y assister ?

J. Thébauld : Habib, peux tu dire quelque chose sur le Maroc ?
Habib : Il y a une chose que je n'ai pas souligné tout à l'heure, ce sont les conditions d'emprisonnement des homosexuels. Ils sont traités différemment, de façon lamentable, parce que considérés comme inférieurs. D'abord, ils sont mis dans un pavillon à part, avec des lits sans sommiers. Des témoignages de personnes qui ont fait de la prison, affirment que certains sont violés par les gardiens, que les détenus hétéros donnent de l'argent aux gardiens afin qu'ils soient transférés avec eux pour être violentés, violés.

J. Thébauld : Merci. On se demandait si l'on pouvait avoir des informations sur ceux qui sont détenus dans les pays ou l'homosexualité est encore réprimée. On peut conclure en disant qu'il y a encore du chemin à faire, et qu'il faut nous organiser entre gays du Nord et du Sud, faire passer l'info, pour faire bouger les choses. Je vous remercie tous.

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Universités d'été homo à Marseille (suite)

Des gays et lesbiennes d'origine maghrébine et franco/maghrébine

Si vous voulez vous montrez, et bien vous pouvez venir à nos côtés. Il n'y a pas de problèmes Nous avons des activités, surtout de soutien, comme des groupes de paroles, des permanences téléphoniques hebdomadaires, et une permanence HIV/médicale (je suis dans le domaine médical) mensuelle. Nous avons aussi des activités beaucoup plus conviviales, plus festives. Et un bulletin (Amalgame) qui parle de la vie de l'association. (AMAL n'existe plus, ndlr) Alors, pourquoi Amal ? Tout d'abord A mai signifie l'espoir en arabe. Nous aurions aimé trouver aussi un nom en berbère, sachant qu'il y a de nombreux berbères parmi nous. Mais il y a également des gens originaires du Maroc, de Tunisie et beaucoup d'Algérie (à peu près 80%). Actuellement, outre Paris, Amal est aussi implantée à Lille. J'ai d'ailleurs vu qu'il y avait à côté un garçon de Lille. Il y a aussi une antenne lesbienne, à Toulouse, crée après la GayPride de Paris. Matériellement un peu coincé, nous aimerions quand même faire un travail en direction de la banlieue. Sachant que beaucoup de filles et de garçons sont venu nous dire combien il y est difficile pour eux de vivre au quotidien leur homosexualité, comme il est difficile d'en parler à ses parents (c'est même impensable). Même à ses amis, c'est difficile. Par ailleurs, nous voudrions beaucoup travailler au niveau de la prévention HIV, et à partir de septembre prochain, en collaboration avec le CRIPS, et fort de notre identité, de notre savoir culturel, nous allons essayer de pénétrer cette population gay et lesbienne de banlieue. Autre point important : Amal ne se limite pas qu'à Paris, la banlieue et la province. Nous recevons aussi du courrier d'Algérie, du Maroc et de Tunisie. Et c'est peut être pour nous l'aspect le plus important. Car lorsque l'on est en France, on profite d'une certaine liberté. Et les témoignages que nous recevons, tous bouleversants, montre une solitude extrême. Ceux qui nous écrivent attendent tellement que l'on puisse les aider. Amal peut être le lien entre l'Europe, la France et l'autre rive. C'est à dire le Maghreb.

D'autre part, je voudrais dire que l'on travaille beaucoup avec d'autres associations, notamment avec Beth Averim (association juive). Symboliquement, nous avons fait ensemble quelques fêtes, histoires de montrer que malgré nos différences, nous sommes proches, du fait de notre identité sexuelle. C'est ainsi que nous avons organisé l'année dernière la soirée "Shalom-Shalom". Même si nous avons eu pas mal de problèmes, dans le sens où nous avons eu plusieurs commentaires de la part de certains de nos membres. Malgré tout, en septembre/octobre nous allons certainement recommencer. Et si vous êtes à Paris, vous êtes cordialement invités. Nous travaillons aussi avec d'autres associations identitaires (afro-antillaise par exemple), et l'on s'occupe d'un festival de films identitaires. Je voudrais aussi parler d'une chose qui me tiens vraiment à coeur. C'est le problème des algériens qui arrivent en France. Ce n'est vraiment pas facile de vivre son homosexualité en Algérie, au Maroc, en Tunisie. Si je n'ai pas vraiment vécu là-bas, j'y ai passé toutes mes vacances. et donc je connais assez bien le problème. Tous les algériens qui arrivent en France sont un peu perdus. Je pourrais vous citer bien des cas. Je pourrais témoigner combien ils sont dans une détresse importante. Ils arrivent, souvent sans papiers, parfois mal structurés mentalement, parce que persécutés. Persécutés par le FIS, par les intégristes. Ce ne sont pas seulement les villages ou les gens qui sont persécutés, mais aussi les gays, les lesbiennes. Et on n'en parle pas parce que dans la culture musulmane, l'homosexualité est tabou. Et actuellement il y a des garçons qui sont à Paris, sans ressources, complètement abandonnés. Leur seul recours est de se retrouver dans le circuit de la prostitution. Je voudrais que l'on puisse faire quelque chose. J'ignore comment, mais c'est important qu'Amal mette le doigt sur ce problème. Je ne sais pas si vous avez lu l'article dans TETU (N° 35, juin 99) l'article " Les soeurs du boulevard NEY ", qui malgré elles font le trottoir. Et cela m'est difficile à dire, pourtant c'est la triste réalité, il y a en plus des maghrébins qui les persécutent. Nous essayons de les aider, de les soutenir. Je terminerai en parlant des filles. Nous les garçons, on peut toujours partir. Le garçon comme vous le savez est roi dans la société, dans la famille musulmane. Alors que pour les filles, c'est très difficile. Considérées comme les génitrices, elles doivent enfanter, assurer la continuité de l'espèce. Une fille lesbienne, au sein d'une famille musulmane, est ressentie comme une calamité. Je voudrais citer le cas d'une fille, complètement perdue, membre de l'association, qui a découvert son homosexualité. Elle est en dépression depuis 4 mois parce que son frère ne veut plus lui adresser la parole. Pour lui, l'homosexualité est un pêché. Cet exemple montre que pour nous, gay ou lesbienne, il est impensable d'afficher notre homosexualité. Car cela signifie être complètement rejeté de la cellule familiale, de perdre ses repères. Quand ils arrivent à l'association, on leur dit " bon vous êtes là, on vous soutient. On peut vous aider " mais jamais on leur dit " partez de chez vous, faites une rupture totale " car cela signifie pour eux une fracture, une perte de leur identité.
Voilà, je pense que j'ai dit à peu prés tout ce que j'avais à dire. Mais bon, je pourrais vous donner d'autres témoignages au cours du débat, par la suite. Merci.

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Compte rendu des Universités d'été homo à Marseille

ALGERIE

Bonsoir, Kader d'Algérie. Je ne représente aucune association, pour l'instant. Avant nous étions une petite association (le Groupe d'information Médico Social) dont l'objectif était d'accueillir les homosexuels, et qui a coulé aujourd'hui.

L'homosexualité en Algérie est quelque chose de tabou. C'est quelque chose dont on n'a pas le droit de parler. C'est quelque chose qu'il ne faut pas dire aux parents, à ses amis hétéros. C'est impossible de leur dire. L'homosexualité est un pêché de premier degré. Le dire, c'est risquer d'être exclu. C'est ce qui m'est arrivé avec des amis lorsqu'ils ont su que j'étais homosexuel.

J. Thébauld : Donc, il n'y a pas d'associations homosexuelles ?
Kader : Actuellement non. Impossible.
J. Thébauld : Est ce que ça peut être comme au Maroc où il y a des associations de lutte contre le sida ?
Kader : De lutte contre le sida, oui.
J. Thébauld : Et peut être que c'est par l'intermédiaire de ton association pourrait-il y avoir des associations homosexuelles ?
Kader : je sais que c'est impossible, parce que la majorité des membres sont hétéros. Et si ceux-ci savent qu'il y a des membres homosexuels, ils partiraient. Je voudrais aussi parler de l'homosexualité concernant le service national. Etant reconnue comme une maladie, les homosexuels en sont dispensé.
J. Thébauld : Ils sont dispensés, sont-ils punis ? Y a t'il quelque chose qui fasse office ?
Kader : Non, jusqu'à présent je n'en ai jamais entendu parlé, sauf en plein service national. Ainsi, si par exemple quelqu'un ne déclare pas au début qu'il est homosexuel et que par la suite, il est pris sur le fait, il risque une peine de prison d'un mois, ou deux. Enfin quelque chose comme ça...

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La Femme Algérienne

Article trouvé par Etoile:

Houria Mekrelouf : Bonjour, je suis membre du Rassemblement pour l’Algérie des Femmes démocrates (RAFD) et par ailleurs très active au sein de différents mouvements antiracistes. Ceci dit, je commencerai par dire qu’en Algérie le combat pour le droit à l’homosexualité est un combat “ supérieur ” dans le sens où les femmes se battent pour simplement être égales aux hommes. Le constat est effrayant, la société est construite sur la haine de l’autre et notamment sur la haine de la femme. “Les hommes vont au paradis à dos de femme” écrit Farda Mesaoudi, féministe algérienne.

Depuis 8 ans, nous comptons près de 100 000 morts (1 200 morts depuis la concorde civile du 13 juillet 1999). La violence contre les femmes comme à l’encontre de toute une partie de la population s’explique par le fait qu’au sein du FLN il y eut dès le départ collusion entre les islamistes et les conservateurs. Il faut se souvenir que la première constitution algérienne (promulguée au lendemain de la révolution) indique dans son article 2 que l’Islam est religion d’Etat. Donc dès 1963, le code de la nationalité fonde l’algérianité sur le droit du sol et de l’appartenance à l’Islam. Même si dans la Constitution il est écrit que l’égalité des droits entre les hommes et les femmes est avérée, l’article 9 (juste celui qui suit) rajoute qu’il ne faut rien faire qui soit contraire à la loi islamique, et notamment contraire à la Charria (ensemble de règles qui régit la vie des individus au quotidien). Ainsi, la première violence faite aux personnes est une violence d’Etat, une violence institutionnelle. Et c’est le point de départ de toutes les autres violences qui contrairement à ce qui est souvent dit n’ont pas commencé en 1992 après l’annulation du processus électoral.

Les groupes islamistes (je devrais plutôt dire fascistes) ont toujours existé et d’ailleurs ont toujours fait bon ménage avec l’ancien (et actuel) pouvoir. Cette alliance qui date du lendemain de la Révolution s’illustre par le fait qu’ils constituaient une force capable, toujours par la violence, de faire la sale besogne. Ainsi ces milices fascistes, ces groupuscules islamistes agissaient en véritables complices du pouvoir en place, en interdisant au sein des universités la tenue de comités autonomes d’étudiants, en interdisant aussi les activités culturelles, en brisant les grèves, bref en interdisant toutes expressions des forces de progrès. A la tête de ces groupuscules, on trouvait Marmou Norma. Celui-là même que les scènes européennes présentent comme l’incarnation d’un islam modéré, celui qui a recruté des jeunes volontaires puis s’est occupé de leur départ vers l’Afghanistan. Il n’y a pas d’islam modéré, il n’y a pas d’islamistes qui serviraient la démocratie.

Vers la fin des années 70, l’exécution au sabre d’un jeune militant de la cause libérale marque le début des exactions de ces groupes que l’on peut qualifier de fascistes. La surveillance nuit et jour ou parfois même le vitriolage de jeunes filles considérées comme étant trop occidentalisées ou soupçonnées d’avoir des mœurs trop légères n’avait rien d’extraordinaire. L’incendie de la maison d’une femme (dont le seul “crime” était de vivre seule avec ses enfants) au cours duquel ses enfants périrent illustre le régime de terreur que faisaient régner les islamistes. A cette époque, l’expression des déshérités, des intellectuels de gauche, des syndicalistes, de tous ceux qui aspiraient à plus de justice sociale étaient systématiquement réprimés par le parti unique (le FLN), ainsi que par les services de sécurité militaires et leurs complices, et les groupes islamistes. Dans le même temps, au sein de nombreuses mosquées du pays la voix de ceux qui formèrent les égorgeurs d’aujourd’hui s’élevait tous les vendredis. Ils fustigeaient une société occidentalisée qui selon eux s’était éloigné de Dieu. Ils fustigeaient les femmes, les communistes et les gens de progrès (ils affirmaient que les communistes avaient envoyé Satan sur terre). Ils appelaient un rejoindre l’islam, un islam politique radicalement différent de celui que les gens vivaient au quotidien, non violent. L’Etat et le FLN ont laissé faire les associations intégristes fondées sur la violence, le racisme et la haine des femmes. Associations interdisant l’exercice politique à toute personne qui justement aurait pu porter un contre-discours. Par ailleurs, depuis l’Indépendance l’école a été donnée aux islamistes originaires principalement d’Egypte (le Moyen-Orient s’étant débarrassé de tous ces perturbateurs) que le pouvoir algérien à accueilli. De la sorte se produisit une retraditionalisation (qui n’avait pas lieu d’être) de la société basée sur une arabisation médiocre et démagogique en opposition aux tenants de la modernité et du savoir universel. Le primaire et le secondaire entièrement investis par les fondamentalistes furent transformés en quelque chose ressemblant à des écoles coraniques où était servi un véritable matraquage idéologique.

L’année 1984 marque une nouvelle étape dans cette violence faite à la société et plus particulièrement aux femmes, avec la promulgation du code de la famille. La pression grandissante des islamistes a fait que le Président de l’époque a donné en cadeau aux islamistes ce code directement inspiré de la Charria (qui sévit en Arabie Saoudite, en Iran et les pays du Golfe). De fait, ce code institue la supériorité totale et absolue de l’homme sur la femme. Il institue la polygamie, la répudiation de l’épouse ainsi que l’inégalité des sexes dans le régime de la succession. La conclusion du mariage incombe au tuteur de la future épouse, ce qui signifie que la femme est considérée comme étant mineure à vie. Ainsi, la femme algérienne dépend toute sa vie de son père ou de son frère, puis de son mari, et en l’absence d’homme dans son entourage immédiat d’un juge. Cela signifie également qu’elle ne peut en aucune façon être responsable légale de ses propres enfants, le père (même divorcé) étant le seul à avoir autorité. Ensuite elle ne peut divorcer que dans des conditions humiliantes et difficiles à réunir puisque lorsqu’une femme demande le divorce, elle peut le faire, elle doit en réalité racheter sa liberté. Elle doit en effet verser une somme bien trop importante puisque même le fait de travailler est conditionné à l’accord du mari. Une femme ne peut travailler que si elle a l’aval de son mari. Ce code a entraîné la mise à la rue des femmes répudiées avec leurs enfants, puisque le domicile conjugal est dans l’écrasante majorité des cas octroyé au mari. L’article 19 de ce code de la Famille stipule que l’épouse est tenue d’obéir à son mari, l’article 31 fixe l’interdit absolu du mariage d’une musulmane avec un non-musulman, alors que le mariage mixte est autorisé pour l’homme. L’adoption est également interdite par l’article 46. Les articles 126 à 182, relatifs au régime de succession, présente une conception théologique de la famille dans laquelle un homme vaut deux femmes. Le code ignore le cas des femmes non-musulmanes pour lesquelles aucune part d’héritage n’est prévue.

La femme algérienne n’a en fait aucun droit. Et la lutte des femmes porte sur le droit le plus élémentaire qui soit, à savoir l’égalité de droit entre hommes et femmes. C’est une lutte menée comme un combat politique, une lutte acharnée contre une société rétrograde, une lutte contre l’Etat, contre le pouvoir, mais aussi contre les intégristes qui sont maintenant dans la rue puisque relâchés à l’occasion de la concorde civile initiée par Bouteflika. Il faut savoir que dans les maquis tenus par le GIA, des femmes et des jeunes filles ont été enlevées puis séquestrées, servant d’esclaves domestiques et sexuels, qui une fois enceintes étaient exécutées. Voilà ce que vivent aujourd'hui les algériennes. Suite à tous ces viols, tout ce qui s’est passé dans les villages, les femmes se sont constituées en associations de victimes et ont demandé à être reconnues comme victime de guerre. Ce à quoi l’Etat a répondu par la négative, argumentant qu’une femme qui a été violée l’a été par un musulman, il n’y avait donc pas de délit majeur (une fatwa a déclaré que les femmes bosniaques violées par des chrétiens pouvaient avorter et être considérées comme victime de guerre), alors que les islamistes qui ont participé aux exactions sont aujourd’hui indemnisés, ainsi que leurs familles.

X : Dans le cadre de cette violence subie par les femmes, comment les lesbiennes peuvent apparaître ?

Houria Mekrelouf : Quant on parle aux militantes féministes ou aux femmes algériennes des lesbiennes et du droit à l’homosexualité, les réactions montrent que nous sommes bien loin de ces préoccupations. La situation de la femme algérienne est actuellement celle-ci, et lorsque l’égalité des droits sera une réalité (car tel est l’objectif des démocrates et des femmes qui sont à la pointe du combat démocratique), nous pourrons voir des femmes homosexuelles se constituer en association. Ce combat pourra faire évoluer la cause d’autres combats.

pour en savoir plus: http://www.france.qrd.org/assocs/ueh/essais/hist/index.php?page=trans2000_04_04

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Islam et homosexualité

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Selon l’Islam, l’activité sexuelle entre gens de même sexe est un péché. Mais cette condamnation explicite ne suffit pas à expliquer l’homophobie musulmane. La consommation d’alcool, par exemple, est également condamnée par l’Islam ; pour autant, elle n’entraîne pas de réaction phobique à l’encontre de ceux qui s’y adonnent. C’est donc que l’homophobie musulmane ne tient pas seulement à des raisons religieuses.

Quoi qu’il en soit, dans le Coran apparaissent plusieurs épisodes qui semblent justifier l’homophobie. L’histoire de Loth par exemple, est rapportée entièrement ou partiellement dans 13 chapitres différents : 7:80-84, 11:69-83,15:51-77, 21:71-75, 22:42-43. 25:40, 26:159-175, 27:54-58, 29:28-35, 37:133-138, 50:12-13, 54:32-40, 66:10. Ces surates décrivent les forfaits du peuple de Loth, débauche sexuelle, mais aussi vol de caravanes et viol des passagers. Les crimes sexuels du peuple de Loth ne concernent pas seulement l’homosexualité, car ils avaient des rapports sexuels avec les « créatures mâles », comme l’indique la surate 26:15, terme générique désignant les jeunes garçons, les bébés, voire les animaux de sexe mâle. Même les actes strictement homosexuels semblent toujours accompagnés de violence. Ainsi, ces hommes de luxure tentent de forcer les hôtes du prophète à avoir des relations sexuelles avec eux. La réprobation qui pèse sur ces pratiques concerne donc à la fois la débauche et la violence sexuelles. C’est pourquoi le peuple de Loth fut détruit par Dieu, qui ensevelit la ville sous un déluge de pierre.

Dans les termes du Coran, les « actes du peuple de Loth » ne sauraient être désignés par le terme homosexualité tel que nous l’entendons aujourd’hui, lorsque nous désignons une relation réciproque entre deux adultes de même sexe, sur la base de l’amour, du respect et de l’égalité. Lorsque les musulmans d’aujourd’hui assimilent les homosexuels au peuple de Loth, ce qu’ils redoutent en fait, c’est d’être violés ou sexuellement manipulés, ce qui n’a rien à voir avec la prohibition religieuse de l’homosexualité masculine ou féminine. Cette prohibition apparaît dans un autre passage du Coran, qui n’évoque pas le peuple de Loth, mais « la turpitude » (fahisha) 7 : 33. L’homosexualité est condamnée d’un point de vue théologique, mais ne reçoit pas de sanction terrestre.

En effet, la réprobation générale qui pèse sur les relations homosexuelles se fonde sur la spiritualité, et n’a pour les individus qu’une valeur éthique. Cette valeur éthique demeure une affaire entre le croyant et son Dieu. Il ne devrait donc pas y avoir de conséquences pratiques ou de punitions terrestres pour les actes homosexuels. Il en va de même pour tous les actes qui transgressent la loi, sans pour autant causer de tort à une autre personne. S’opposant à cette approche libérale, il existe des interprétations selon lesquelles les homosexuels doivent être lapidés. Cette sanction est choisie à dessein, car on veut voir dans les homosexuels d’aujourd’hui une sorte de réincarnation funeste du peuple de Loth : Dieu a fait tomber une pluie de pierre « céleste » sur le peuple de Loth ; c’est pourquoi, de même, les homosexuels doivent être lapidés.

Au-delà du Coran, l’homosexualité semble être condamnée également par le Prophète Mahomet. De manière tout à fait significative, il utilise les termes même du Coran, évoquant ainsi « les actes du peuple de Loth ». C’est dire encore une fois que ce dont parlent les textes saints n’est pas ce que nous désignons aujourd’hui sous le terme « homosexualité ».

Mais au fil du temps, les termes utilisés pour désigner ces réalités subissent une évolution notable. Alors que Mahomet parle des « actes du peuple de Loth », les interprétations médiévales comme celle de Al Fakhr Ar-Razi parlent de Liwat. En réalité, l’homosexualité n’est pas toujours condamnée dans les traditions musulmanes. Lorsque les commentateurs anciens évoquent les « actes du peuple de Loth », ils condamnent sévèrement le viol homosexuel, mais ils sont bien moins sévères à l’égard de l’homosexualité de deux adultes s’aimant mutuellement. Bien qu’un grand nombre de pays musulmans aient une législation relativement « tolérante » à l’égard de l’homosexualité, il est certain que le Coran et les textes islamiques peuvent toujours être utilisées de manière opportune pour condamner l’homosexualité.

De nos jours, les associations homosexuelles en pays musulman sont rarissimes. En revanche, dans les pays d’émigration, plusieurs organisations se sont constituées comme Al-Fatiha, groupe multi-ethnique basé aux Etats-Unis et en Angleterre, Kelma, en France et en Belgique, ou Yoesuf aux Pays-Bas.

par Omar Nahas

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